Raisin Teinturier
Vitis tinctoria - Raisin Teinturier
Au XIXe siècle, le Raisin Teinturier occupait une place singulière dans les vignobles français : ce cépage n'était pas destiné à la table, mais à rehausser la couleur des vins pâles. Sa chair et son jus, d'un rouge intense, en faisaient un allié précieux des vignerons soucieux de produire des vins profonds et colorés.
Connu sous différents noms, Noireau en Haute-Navarre, Furber en Moselle, Négrier en Seine-et-Marne, il était cultivé dans presque tous les vignobles de France, reconnaissable de loin à ses feuilles qui rougissent dès la fin de l'été.
Cette vigne de vigueur modérée se distingue par ses bourgeons d'abord jaune sale, virant au rouge brun en fin de saison.
Ses feuilles, petites et profondément découpées en cinq lobes, sont bordées de dents irrégulières et couvertes d'un léger duvet laineux en dessous, semblable à une toile d'araignée qui se détache au toucher.
Les grappes, plutôt petites et compactes, mesurent environ 10 centimètres de long. Les baies rondes, noires et couvertes d'une pruine bleue abondante, atteignent 6 à 8 millimètres de diamètre.
Chaque grain renferme un ou deux pépins gris allongés. Le raisin, assez doux et nullement désagréable au goût, mûrit vers la mi-septembre. Sa particularité remarquable réside dans sa chair et son jus naturellement rouges, propriété rare qui lui valait d'être vinifié spécifiquement pour colorer les vins.
Cette planche est extraite du Traité des Arbres Fruitiers de Pierre-Antoine Poiteau et Pierre Jean François Turpin, encyclopédie botanique publiée entre 1807 et 1835, référence majeure de l'illustration naturaliste du XIXe siècle.
Elle associe la rigueur du dessin scientifique à une sensibilité artistique rare, caractéristique des grandes planches de l'âge d'or de la botanique illustrée.