Chataigner en Fruit

Planche botanique du Châtaignier commun, Castanea vulgaris. Impression Fine Art 50×70 cm. Illustration naturaliste du XIXe siècle.

Castanea vulgaris, Châtaignier ordinaire

Le Châtaignier ordinaire ornait autrefois les bois de Montmorency et de Meudon par son port majestueux, l'élégance de ses feuilles et ses longs épis de fleurs jaunâtres qui s'épanouissaient à la mi-juillet, malgré leur odeur peu agréable.

Sous le climat parisien, ses fruits mûrissaient en octobre et novembre, enfermés dans leur célèbre enveloppe épineuse qui s'ouvrait aux premiers froids pour libérer deux ou trois châtaignes.

Poiteau note avec malice que ces fruits, réservés aux enfants et aux bêtes fauves, trouvaient toujours preneurs malgré leurs piquants défensifs.

Les fleurs du Châtaignier, axillaires et rarement terminales, naissent avec la pousse de l'année.

Son fruit mûrit tardivement : dans les automnes froids, l'enveloppe tombe parfois close, ses châtaignes encore prisonnières.

Au printemps suivant, vers avril, la chair des châtaignes subit une fermentation naturelle qui la rend plus sucrée avant de perdre ses qualités gustatives.

Si l'on greffe sur le Châtaignier commun les variétés de marrons de Lyon, on obtient de plus grosses châtaignes, mais jamais de véritables marrons, dont l'entrepôt se trouvait à Limours, à sept lieues de Paris.

L'arbre croît plus vite que le chêne et lui ressemble par son bois dans sa jeunesse, mais après cinquante ou soixante ans, ses couches ligneuses s'exfolient aisément, le rendant impropre aux grosses charpentes.

Heureusement, le Châtaignier prospère sur les sols les plus ingrats : sables stériles, pentes incultivables. Cultivé en taillis, coupé tous les dix ou vingt ans pour les cercles de cuves, les échalas ou les charpentes légères, il constitue une ressource précieuse.

Cette planche est extraite du Traité des Arbres Fruitiers de Pierre-Antoine Poiteau et Pierre Jean François Turpin, encyclopédie botanique publiée entre 1807 et 1835, référence majeure de l'illustration naturaliste du XIXe siècle.

Elle associe la rigueur du dessin scientifique à une sensibilité artistique rare, caractéristique des grandes planches de l'âge d'or de la botanique illustrée.

× Planche botanique du Châtaignier commun, Castanea vulgaris. Impression Fine Art 50×70 cm. Illustration naturaliste du XIXe siècle.